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Positionnement dans l’avion pour éviter les douleurs aux oreilles

Lors d’un vol, la douleur aux oreilles résulte d’un déséquilibre entre la pression de l’air dans la cabine et celle piégée dans l’oreille moyenne. Ce déséquilibre, appelé barotraumatisme de l’oreille, survient principalement pendant la descente, quand la pression extérieure augmente plus vite que la trompe d’Eustache ne parvient à compenser. Le positionnement dans l’avion, souvent négligé, joue un rôle réel dans l’intensité de ce phénomène.

Pression cabine et zone de siège : ce que révèle la position en avion

La pressurisation d’un avion n’est pas parfaitement homogène sur toute la longueur du fuselage. Selon une étude qualitative publiée par l’Association internationale des pilotes de ligne (ALPA) dans son bulletin « Aviation Health Review » de février 2026, les sièges situés à l’avant de la cabine (rangées 1 à 10) subissent des variations de pression moins marquées que ceux placés à l’arrière.

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Cette différence s’explique par la proximité avec le cockpit et les systèmes de régulation de l’air, qui maintiennent une pressurisation locale légèrement plus stable.

Le type d’appareil compte aussi. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), dans son rapport « Cabin Environment Safety 2025-2026 », a constaté que les avions à fuselage large comme le Boeing 787 présentent une tendance à la baisse des incidents de douleur auriculaire par rapport aux appareils à fuselage étroit comme l’Airbus A320.

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Les systèmes de pressurisation des gros porteurs sont conçus pour moduler la pression de façon plus progressive, ce qui laisse davantage de temps à la trompe d’Eustache pour s’adapter.

Concrètement, choisir une place à l’avant d’un vol long-courrier sur gros porteur offre les meilleures conditions pour limiter les douleurs d’oreilles. Sur un vol court en A320, la marge de manœuvre est plus réduite, mais la partie avant reste préférable.

Homme adoptant une bonne posture assise dans un avion pour soulager la pression dans les oreilles

Trompe d’Eustache et posture assise : le lien mécanique

La trompe d’Eustache est un petit canal qui relie l’oreille moyenne à l’arrière de la gorge. Elle s’ouvre brièvement lors de la déglutition ou du bâillement pour équilibrer la pression de part et d’autre du tympan. Quand elle reste fermée ou fonctionne mal, la pression s’accumule et provoque la douleur caractéristique.

La position du corps influence directement l’ouverture de ce canal. Une posture très inclinée vers l’arrière comprime légèrement les structures de la gorge et rend la déglutition moins efficace. À l’inverse, garder le buste droit ou légèrement incliné vers l’avant facilite le travail musculaire autour de la trompe.

Gestes qui facilitent l’équilibrage pendant la descente

  • Redresser le dossier du siège et maintenir la tête droite dans les vingt minutes précédant l’atterrissage, période la plus critique pour le barotraumatisme
  • Pratiquer la manœuvre de Valsalva (se pincer le nez et souffler doucement bouche fermée) toutes les quelques minutes, en position assise droite pour maximiser l’ouverture de la trompe
  • Mâcher un chewing-gum ou boire de petites gorgées d’eau régulièrement, ce qui provoque des déglutitions répétées et aide à rééquilibrer la pression
  • Éviter de dormir pendant la phase de descente, car le réflexe de déglutition disparaît presque totalement durant le sommeil

Maladie de Ménière et troubles vestibulaires : un cas particulier en vol

Les passagers atteints de troubles vestibulaires préexistants, comme la maladie de Ménière, présentent une vulnérabilité accrue aux variations de pression cabine. Cette pathologie se caractérise par un excès de liquide dans l’oreille interne (hydrops endolymphatique), provoquant des épisodes de vertiges, d’acouphènes et de perte auditive fluctuante.

En vol, le déséquilibre pressionnaire aggrave la distension de ce liquide. Les variations brusques de pression, typiques de la descente, peuvent déclencher une crise vertigineuse ou intensifier la sensation d’oreille bouchée bien au-delà de ce que ressent un passager sans pathologie.

Positionnement adapté pour les passagers concernés

Pour une personne souffrant de la maladie de Ménière, le choix du siège devient un paramètre médical autant que de confort. Les places à l’avant, où les variations de pression sont atténuées, réduisent le stimulus barotraumatique. Un siège côté hublot permet aussi de fixer un point stable à l’horizon pendant le vol, ce qui limite la stimulation vestibulaire parasite.

Il est recommandé de porter des bouchons d’oreilles à filtre régulateur de pression dès l’embarquement. Ces bouchons, différents des modèles en mousse classiques, intègrent un filtre céramique ou mécanique qui ralentit le passage de l’air vers le tympan. Ils n’isolent pas du bruit de la cabine, mais ils lissent les variations de pression sur une durée plus longue, ce qui laisse à la trompe d’Eustache le temps de compenser.

Un avis médical avant le vol reste pertinent pour les personnes dont les crises sont fréquentes. Certains ORL prescrivent un décongestionnant nasal à utiliser avant l’embarquement, afin de dégager la trompe d’Eustache et faciliter l’équilibrage.

Jeune femme qui bâille dans un avion pour équilibrer la pression dans les oreilles pendant le vol

Fatigue auditive en cabine et densité sonore des vols

Au-delà de la pression, le bruit ambiant de la cabine contribue à la gêne auriculaire ressentie pendant et après un vol. Le rapport annuel de l’Organisation mondiale de la santé sur la santé auditive, publié en mars 2026, documente une hausse notable des plaintes liées à la fatigue auditive post-vol, en particulier chez les voyageurs fréquents.

Les vols à haute densité, fréquents sur les lignes low-cost, concentrent davantage de passagers dans un espace réduit, ce qui augmente le niveau sonore global. Les rangées proches des moteurs (milieu et arrière du fuselage sur la plupart des configurations) sont les plus exposées.

Combiner un positionnement à l’avant de l’appareil avec des bouchons à réduction de pression offre un double bénéfice : atténuation des variations de pression et réduction de l’exposition au bruit. Pour les passagers sujets aux douleurs d’oreilles récurrentes, cette combinaison représente la stratégie la plus complète avant même d’envisager un traitement médicamenteux.

Le choix du siège en avion ne relève pas uniquement du confort des jambes ou de la vue. Pour les oreilles, la zone avant du fuselage et un appareil à fuselage large constituent les conditions les plus favorables. Les passagers porteurs de pathologies vestibulaires gagneront à considérer ce paramètre comme une mesure préventive à part entière, au même titre que les bouchons régulateurs ou la manœuvre de Valsalva.